Hegel : la violence comme injustice Dans Les principes de la philosophie du droit, Hegel explique qu’imposer par la force un sacrifice ou une action à quelqu’un c’est exercer une violence. On peut contraindre quelqu’un physiquement. Par contre, aucune volonté réellement libre ne peut être contrainte. Seule une volonté qui omet de se retirer de l’extériorité peut être contrainte. Violence et contrainte, comme expressions d’une volonté qui supprime l’expression d’une autre volonté, sont injustes.
Hegel : l’injustice Dans les Principes de la philosophie du Droit, Hegel définit l’injustice comme opposition du droit en soi et de la volonté particulière. Si le droit en soi devient un droit particulier par le fait de la volonté particulière, il y a injustice. Le Droit devenu particulier est diversité infinie par opposition à la simplicité de l’universalité. Il est infinité de cas, par exemple dommage involontaire ou civil, imposture et crime. La prise de possession individuelle est un exemple de dommage civil. Elle peut engendrer des collisions juridiques, car plusieurs personnes, d’après leurs titres de droit, peuvent considérer une chose comme leur propriété. Pour les parties, le droit en soi doit être représentation et exigence. Mais si elles ne sont pas capables de se libérer de l’immédiateté de leur intérêt, il y a conflit. L’imposture, c’est le droit en soi réduit, par la volonté particulière, à une simple apparence. Le droit en soi est pure exigence, au sens de devoir-être, mais aussi au sens d’un essentiel porté par la simple subjectivité. De ce fait, il devient inessentiel et uniquement apparent. C’est l’imposture. Le crime est une contrainte exercée avec violence. Dans le crime, on lèse l’existence de la liberté dans son sens concret. On lèse le droit comme tel. Lors d’un crime, la capacité juridique est niée, et cela sans la médiation de l’opinion de celui qui subit le crime. On entre alors dans la sphère du droit pénal, car le droit a été violé.
Descartes : pour douter il faut avoir une idée d’infini Je ne peux avoir conscience de douter si je n’ai pas l’idée d’un infini de vérité sur lequel je peux déterminer toutes choses. Seul un être doué de pensée est capable de se savoir fini. Quand Descartes dit » je doute », il se sait fini. Pour se savoir fini, il a à l’origine l’idée de l’infini correspondant. C’est une certitude pour lui. Se savoir fini implique que la raison a un rapport à l’infini. La raison finie se caractérise par le fait qu’elle a préalablement en elle une affirmation de l’infini. Je ne peux penser en moi une limitation que parce que ma pensée a, avant, en moi, une affirmation.
Descartes, Leibniz, Kant : la raison a pour exigence l’infini La raison n’est ni dans le fini ni dans le conditionné. Elle ne se satisfait pas du conditionné. Le lieu même de la raison est l’inconditionné ou infini. La situation de la raison est d’être le rapport à l’infini même.
Descartes : l’infini est incompréhensible La raison géométrique identifie la vérité à ce qui est compréhensible. Pour connaître, il faut atteindre par la pensée et ensuite comprendre. S’agissant de Dieu, de l’infini positif, il est évident pour Descartes qu’il est incompréhensible. La raison peut comprendre ce qui est fini. Si on parle d’infini en apparence, c’est du non-fini. L’infini est alors un concept négatif. Or, Descartes dit que lorsqu’on entend infini, on doit savoir que l’infini est le positif le plus positif.
Philosophie moderne : l’infini, le propre de la raison En philosophie moderne, la raison est à la fois scientifique, discursive et anhypothétique. Elle est utilisée pour un usage discursif, elle détermine les sciences de la nature. Elle établit aussi un objet qui lui est propre, l’inconditionné ou infini. La raison est en tension entre ces deux usages, entre sciences et métaphysique. Dans sa forme kantienne, cette dualité se traduit par la différence entre entendement et raison. Kant parle souvent de la voie sûre de la science, les mathématiques par exemple, pour l’opposer au champ de bataille de la métaphysique. La raison a du succès sous la forme de l’entendement qui, par son usage discursif, établit une science de la nature. En référence à Platon, ce n’est que comme dianoïa, comme raison discursive dans l’ordre de l’entendement, que la science est possible. Pour Kant, la métaphysique est une disposition naturelle de la raison. La raison est par nature métaphysique avec un objet naturel et particulier, l’inconditionné.
Le Quattrocento : l’infini dans l’art Les maîtres de l’art italien entraînent notre regard vers le lointain. L’infini est en actes. Il n’est plus uniquement potentiel, comme au temps des Grecs. La perspective est née. Avec elle, le point de fuite, l’illusion de la profondeur ouvre la porte vers l’infini. Le point de fuite est un point vers lequel convergent plusieurs lignes dites « de fuite » ou « fuyantes ». Ce point entraîne le regard vers l’infini.
Descartes : l’encyclopédie, une volonté d’infini ? Encyclopédie ( encyclopaedia ) : la totalité du savoir réunie en une boule. Si l’homme n’a jamais la totalité immédiate du savoir, s’il lui faut sans cesse progresser pour atteindre la vérité, peut-il vraiment prétendre à l’idéal d’infini ? Il éprouvera malheureusement toujours sa propre déficience.
Descartes : L’infini, un indéfini ? Et si Dieu voyait des limites là où nous n’en voyons pas ? Et si tout ce que l’on prend généralement pour un infini n’était en fait qu’un indéfini pour nous ? Et si Dieu seul était l’infini ? N’est-il pas la positivité parfaite, l’absence de limite ? Le perfectum, l’être parfait …… L’infini est réservé à Dieu seul, absolue positivité de l’idée d’infini. C’est toute la différence avec l’idée d’indéfini. Le véritable infini est en actes, il n’est pas potentiel.
Platon : Euthyphron le philosophe dans la cité Euthyphron est devin dans la Cité. Il est le plus connaisseur en matière de religion. Et pourtant, il ne peut pas savoir ce qu’est la piété. Ce n’est pas à lui d’y penser. En tant que devin, Euthyphron a une connaissance spécialisée mais il n’a pas à penser cette connaissance. Celui qui pense les connaissances, c’est le philosophe. Pour faire le lien entre toutes les connaissances spécialisées, il faut une personne qui pense leur invention. C’est le rôle du philosophe dans la Cité. Il a une autre forme de connaissance que les connaissances et les savoir-faire spécialisés. Platon nous donne ainsi une définition de ce qu’est un philosophe et de ce qu’il n’est pas.